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Le business plan financier

L’enjeu : Le dirigeant de la société établit chaque année un budget prévisionnel qui peut comporter un plan d’investissement, un bilan, un compte de résultat ainsi qu’un plan de trésorerie : il s’agit du business plan financier ou plan d’affaires financier.

business plan financier

 

Le business plan financier établi en cas de cession de la société

Lorsque l’entrepreneur envisage la cession de la société, le business plan envisagé non plus sur une année mais sur les cinq exercices suivants représente une source d’informations déterminante pour le cessionnaire. Cependant, la qualité de ce business plan, la cohérence et la justification des volumes d’affaires prévisionnels, des investissements nécessaires, les charges projetées doivent être analysées. Cette analyse concerne non seulement l’entreprise elle-même sous l’angle intrinsèque mais également son secteur d’activité en relation avec la bonne tenue ou la tenue moins favorable de l’économie en général, sous l’angle extrinsèque. La viabilité du business plan financier constitue sa qualité première pour qu’il puisse être opérationnel en tant qu’outil prévisionnel fiable mais également en tant qu’outil performant de pilotage de la société.

 

Les composantes du business plan financier

Dans le détail, le business plan financier de la société passe tout d’abord par l’établissement du compte de résultat identifiant le chiffre d’affaires prévisionnel à diminuer  des principaux postes de charges constitués par les achats (de fournitures, de matières premières pour une société industrielle de transformation, de produits « bruts » pour une société de négoce), le loyer (si la société est locataire de ses bureaux, de ses ateliers, de ses entrepôts), les charges de personnel (rémunérations et charges sociales), les impôts et les taxes. Si de nouveaux investissements sont à prévoir dans quelques années, le résultat net prévisionnel qui constitue alors la différence entre le chiffre d’affaires diminué des charges dont les dotations aux amortissements et la variation du besoin en fonds de roulement est-il réaliste ? Ce résultat projeté n’est-il pas surestimé par le cédant ? Les cash-flows disponibles qui en résultent sont-ils réalistes ? La création de valeur telle qu’elle apparaît dans le business plan est-elle fondamentalement réaliste ?

 

L’analyse du business plan financier par le Cessionnaire

Du côté du cessionnaire, l’établissement du plan prévisionnel de trésorerie est déterminant : l’analyse des délais d’encaissement des clients, de règlement aux fournisseurs, les apports possibles en compte courant d’associé, les nouveaux emprunts à contracter, les éventuels crédits de TVA permettent au repreneur potentiel de la société de savoir comment il se trouve en mesure de pouvoir financer la création de valeur annoncée par le cédant.

 

La critique du business plan financier

L’analyse critique du business plan financier doit toujours intégrer le fait que la réalisation d’un chiffre d’affaires n’est jamais linéaire et ce, quel que soit le domaine d’activité considéré : les volumes d’affaires subissent une saisonnalité, des décalages dans le temps, des reports dus aux souhaits des clients. C’est plutôt un chiffre d’affaires normatif qui doit être déterminé, plus qu’un volume d’affaires moyen sur plusieurs années. Le business plan comporte-t-il suffisamment de zones de prudence et témoigne-t-il par là-même du caractère de gestionnaire avisé du cédant ? Les aléas incontournables constitués par des charges et donc des dépenses imprévues sont-ils bien intégrés dans le business plan financier ?

 

Bon à savoir : en définitive, même si son établissement procède principalement du bon sens et de l’organisation de la vie de la société, le business plan financier constitué par le compte de résultat prévisionnel et par le plan de trésorerie doit être suffisamment analysé de manière critique pour que les flux projetés vers l’avenir soient réalistes et réels, tout en témoignant de la prudence et du caractère avisé de son rédacteur.