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L’évaluation financière des sociétés exportatrices

L’enjeu : puisqu’il est d’usage, en matière commerciale d’accorder des différés de règlement, une entreprise nationale exportatrice n’a-t-elle pas besoin, vis-à-vis de son client étranger de se préserver contre la potentialité de risques accrus d’impayés ? Comment appréhender, lors de l’évaluation financière de l’entreprise exportatrice, le risque supplémentaire constitué par la facturation d’un courant d’affaires réalisé à l’international ?

L’évaluation financière des sociétés exportatrices

 

L’évaluation financière d’une société passe, préalablement, par la compréhension de son modèle d’affaires, par l’analyse de son processus de création de richesse – ses volumes d’affaires, ses taux de marge d’exploitation, sa proximité ou son éloignement par rapport à son seuil de rentabilité – par le diagnostic économique et stratégique pouvant être porté en fonction de l’ensemble de ces éléments. La prise en considération des états financiers de la société, de son plan d’affaires prévisionnel, de ses flux inducteurs de valeur la caractérisant permet dans un second temps de proposer une valeur, un intervalle de valeurs de ses droits sociaux dans le but de réaliser une transaction.

 

Lorsque l’entreprise qu’il s’agit d’évaluer financièrement réalise une part de son chiffre d’affaires à l’exportation, la prise en compte des risques internationaux inhérents à la facturation à des clients étrangers s’impose. La prévention de la sécurité mise en place par la gouvernance de la société, l’analyse des coûts des opérations et des transactions internationales, le risque de change, participent également à l’établissement du diagnostic économique et stratégique de l’entreprise considérée. La société dispose-t-elle d’outils adaptés à l‘encaissement sécurisé du chiffre d’affaires enregistré comptablement avec des clients étrangers ? En effet, s’il est déjà difficile de s’assurer, avec des clients nationaux, du règlement ponctuel et certain des factures émises, les risques non seulement liés au client mais encore au pays du client lui-même, à sa situation économique et géopolitique, se trouvent accrus.

 

Les outils permettant de sécuriser les encaissements effectifs du chiffre d’affaires sont notamment constitués par les remises documentaires, par les crédits documentaires irrévocables, confirmés ou non pas un établissement bancaire de renom, par le virement international, par la stand by letter of credit. Lorsqu’une société nationale noue depuis peu et  développe ainsi un courant d’affaires avec un client, personne morale, située à l’étranger dont la situation financière peut se révéler difficile à appréhender, la mise en place d’un mode de règlement par crédit documentaire irrévocable et confirmé engage l’établissement bancaire. Lorsque la propre banque de l’entreprise exportatrice prend l’engagement de régler la facture de celle-ci contre remise de documents et justificatifs des livraisons objet du contrat commercial, le crédit documentaire alors qualifié de « confirmé » constitue une sécurité pour l’entreprise nationale exportatrice : le risque de non règlement de la créance née lors de la facturation se trouve ainsi déplacé du client étranger vers la banque de la société exportatrice. Ce « déplacement » apporte toute sécurité à la société exportatrice, émettrice d’une facture et donc détentrice d’une créance vis-à-vis de la société de droit étranger. Lorsque la société exportatrice développe un courant régulier d’affaires avec un client étranger reconnu solvable et susceptible d’être assuré par des Compagnies d’Assurances Crédit, ce chiffre d’affaires peut faire l’objet de la mise en place de virements internationaux, moyens simples et rapides, moins onéreux que les crédits documentaires.

 

Le chiffre d’affaires et ses variations est-il soumis au risque de change ? Une progression ou une diminution des volumes d’affaires comptabilisés sont-elles étroitement liées à l’évolution des devises ? Les pertes ou des gains de change par rapport à la devise de facturation représentent-ils des montants importants ? Des provisions pour dépréciation des comptes de  clients situés à l’international sont-elles enregistrées dans les comptes ? Quelles procédures internes de credit management l’entreprise a-t-elle mis en place ? Ces procédures sont-elles probantes et régulièrement actualisées? De plus, des garanties internationales (garanties de soumission d’offres, de restitution d’acomptes, de bonne exécution, de dispense de retenue de garantie) peuvent avoir été consenties par les établissements bancaires. Ces garanties permettent de rassurer le client de l’entreprise exportatrice du respect de ses engagements contractuels dans la mesure où ces engagements font l’objet d’une garantie par la qualité de la signature de la banque de l’entreprise exportatrice. L’évaluation financière de la société doit tenir compte de l’ensemble de ces données lors de la phase du diagnostic préalable ainsi que lors de l’analyse financière de l’entreprise.

 

Bon à savoir : le fait d’accroître ses parts de marché à l’international, de maîtriser la relation commerciale, passe, également, par le fait de s’assurer de l’encaissement effectif des créances nées lors de la facturation. A ce titre, la société peut solliciter et obtenir une sécurisation de son chiffre d’affaires par la mise en place de crédits documentaires irrévocables et confirmés, par des stand-by letter of crédit. L’évaluation financière de l’entreprise exportatrice tiendra compte, lors de la phase préalable du diagnostic, des techniques financières de sécurisation mises en place afin de préserver l’encaissement des volumes d’affaires ainsi facturés.